Le café littéraire de Béjaïa a reçu Bernard Deschamps, auteur de Les Gardois contre la guerre d’Algérie et Le fichier Z. Lors  de cette rencontre, l’ancien député est revenu sur l’implication des mineurs algériens des Cévennes au combat libérateur d’où leur adhésion au FLN.
Les animateurs du Café littéraire de Béjaïa ont réussi le pari de commémorer le 19 mars et de lever le voile sur le combat singulier d’une frange de la population algérienne : les mineurs des Cévennes, une région montagneuse du Sud de la France. D’où l’invite, adressée à Bernard Deschamps, ancien

député communiste. Ce denier se consacre à un travail de recherche sur l’implication des mineurs algériens des Cévennes au combat libérateur d’où leur adhésion au FLN. Un travail qu’il qualifie d’acte militant et un devoir de mémoire à l’égard de cette frange de la population algérienne, tombée dans l’oubli, voire marginalisée. Pour ce faire, il a consulté les archives de la police qu’il a confrontées par la suite aux témoignages des différents acteurs. On apprend que les premiers travailleurs algériens arrivent aux mines de la région des Cévennes, en 1916, soit pendant la Première Guerre mondiale :“Alors que les mines du Nord étaient occupées par les Allemands, ces travailleurs, originaires pour la plupart de la vallée de la Soummam en Kabylie, étaient recrutés en raison de leur expérience et de leur sérieux”.


Aussi lorsque la guerre de Libération est déclenchée en 1954, ce potentiel humain est devenu un vivier pour les militants du FLN d’où les nombreuses tentatives des messalistes pour les faire rallier à leur mouvement, le MNA. Mais sans succès. Plus encore, ils se sont engagés dès les premiers mois du déclenchement de la guerre de Libération avec le FLN. Les mineurs croyaient en la lutte armée après la défaite de la France à Diên-Bien-Phu en Indochine, au cours de la même année 1954. Bernard Deschamps a insisté notamment sur le rôle de ces mineurs pendant la guerre, qui a pris des dimensions au-delà de cette région des Cévennes. Et bien qu’ils soient une minorité parmi leurs collègues, le suivi strict de toutes les actions du FLN a été impressionnant, a confessé Bernard Deschamps.
C’est le cas notamment avec l’observance stricte de la discipline, instaurée par le FLN, la collecte de fonds, l’achat des armes jusqu’à l’élargissement de la lutte armée en France avec les différents attentats qui avaient été menés sur le sol français. Dans ses réponses aux questions du public, l’auteur a insisté sur la valorisation des aspects positifs de l’Algérie auprès de l’opinion publique française, à travers son travail de recherche historique, mais aussi via l’association d’amitié France-El Djazaïr, qu’il a créée en 2005. Pour rappel, Bernard Deschamps est auteur de deux ouvrages, qu’il a signé à la fin de cette rencontre. Le premier Les Gardois contre la guerre d’Algérie préfacé par Henri Alleg, et le second Le fichier Z préfacé par Ali Haroun, publiés chez les éditions El Ibriz en 2013.

 (Liberté) M. Ouyougoute