Le champ littéraire vient de s’enrichir par une nouvelle parution, une œuvre de 344 pages qui retrace les événements atroces du 8 mai 45, préfacée par  l’historien français, spécialiste du colonialisme français, Gilles Manceron pour qui, « le mérite de ce livre, son apport important à l’histoire de cet événement, est qu’il restitue l’identité de nombreuses victimes algériennes dont l’auteur a pu retrouver la trace ». En effet, pour l’auteur les massacres du 8 mai 45 ne demeurent désormais pas circonscrits dans les trois villes historiques de Sétif, Guelma et Kherrata, mais dans un ensemble de contrées justement citées dans son œuvre, de même que des noms de victimes jusque-là occultées grâce au recueil de témoignages vivants. La vente dédicace est prévue samedi 1er octobre à 13h au pavillon d’entrée du Centre commercial.

Rédaction Le Sétifois

 

«Cet ouvrage, Je l’ai écrit pour mon pays qui m’a appris à aimer la liberté, je l’ai écrit en hommage à tous ceux-là qui se sont sacrifiés pour l’Algérie. Je l’ai écris pour ma ville, Sétif de Mai, précurseur de la Révolution de novembre et pour que la mémoire n’oublie jamais.»

PUBLIE LE : 03-10-2016 | 0:00

 

«Cet ouvrage, Je l’ai écrit pour mon pays qui m’a appris à aimer la liberté, je l’ai écrit en hommage à tous ceux-là qui se sont sacrifiés pour l’Algérie. Je l’ai écris pour ma ville, Sétif de Mai, précurseur de la Révolution de novembre et pour que la mémoire n’oublie jamais.» Ce sont-là autant de sentiments forts qui animaient le jeune écrivain, journaliste au bureau de Sétif du quotidien El Watan, alors qu’il signait, samedi, son premier ouvrage consacré aux massacres du 8 Mai 1945 et intitulé Sétif, la fosse commune.

Une vente dédicace qui s’est tenue sur un des grands espaces du Parc Mall de Sétif, et qui a été marquée, samedi après-midi, par la présence d’une affluence nombreuse, des notables de cette ville, des responsables, des journalistes, des élus, mais surtout de nombreux intellectuels de cette wilaya, tous ceux-là qui sont venus de différentes localités et wilayas environnantes pour encourager ce jeune écrivain et découvrir sur plus de 300 pages toutes ces étapes sanglantes qu’imposa en Mai 1945, le colonialisme français à des milliers de citoyens algériens, sortis alors revendiquer pacifiquement le droit à la liberté, le droit à l’indépendance. «Le mérite de ce livre, son apport important à l’histoire de cet événement est qu’il restitue l’identité des nombreuses victimes algériennes, dont l’auteur a pu retrouver la trace. Des victimes qui, sur le moment, n’ont même pas été recensées par leur nom, puisque les indigènes, à l’époque, n’étaient reconnus ni dans leur citoyenneté ni même dans leur identité. Il fait œuvre de justice en les nommant et en restituant le martyre de ces êtres humains suppliciés et abattus, qui n’ont le plus souvent même pas eu le droit à une sépulture», écrit Gilles Monceron, dans la préface qu’il consacre à ce livre, à son auteur, mais surtout aussi à tous ceux-là nombreux qui sont sortis par un mardi 8 mai 1945 pour crier à la face du monde leur aspiration à la souveraineté et qui n’auront eu droit qu’à un génocide dont les séquelles sont plus jamais présentes partout ou l’écho libérateur de Mai à résonné.
C’est à ce titre que Kamel Benaïche, durant ces 11 années qu’il mettra en œuvre pour écrire cet ouvrage, s’en ira au-delà d’une mémoire qui liera durant longtemps ces massacres à Sétif, Guelma et Kheratta, pour creuser, jusqu’au fin fond de toutes ces contrées lointaines que l’horreur n’a pas épargnées et, dans ce parcours d’enfer, à la fois sombre et émouvant, remuer de sa plume, cette plaie béante et mieux aller à la découverte de tous ceux qui moururent, çà et là à Beni Bezez, Aokas, Melbou, Beni Fouda, Tizin Béchar, Oued el Bered, Aïn Abessa, Bouhira, Maouane, El-Kharba, El-Eulma, Bordj Bou-Arréridj, Ouricia, Ziama Mansouria, Aïn Sebt, Bougaâ, Aït Tizi, et que d’autres lieux où l’auteur s’en est parti découvrir à travers des témoignages vivants, des survivants de ces massacres, et sortir de l’anonymat tous ceux qui ont été atrocement mutilés, brûlés vifs, achevés par la soldatesque française.
Sétif, la fosse commune : Massacres du 8 Mai 1945 se veut être alors un autre maillon fort de cette chaîne de réflexion qui vient chaque jour un peu plus faire la lumière sur le parcours héroïque du mouvement national, et, partant, faire aussi émerger aux yeux du monde et à la face de ses auteurs, qu’un crime est resté impuni.
Mais qui s’en souviendra ?
    F. Zoghbi